Mot d’accueil des Amis de Saint Urfold

Jeudi 4 août 2022

Mesdames, Messieurs, chers amis pèlerins, cavaliers, musiciens, porteurs des bannières,  Père Yves Paul,

Au nom des Amis de Saint Urfold, je suis très heureux d’accueillir la Troménie de Notre Dame de France, qui depuis le samedi 18 juin, au départ de Nantes, parcourt les routes de Bretagne pour arriver à Sainte Anne d’Auray le dimanche 11 septembre.

Je remercie les organisateurs d’avoir retenu sur l’itinéraire cet humble ermitage de Saint Urfold  sur lequel nous trouvons aujourd’hui un  sanctuaire composé d’une belle chapelle et d’un calvaire

A l’automne 2019, à l’occasion de la préparation du 150ème anniversaire de l’école Notre Dame de Bourg-Blanc et du 250ème anniversaire de l’église paroissiale qui devait se dérouler au cours de l’année 2020, j’avais proposé de communiquer sur l’origine du vocable Notre Dame, que l’on retrouve régulièrement sur le territoire national et particulièrement dans le Finistère dont l’atlas récemment publié recense 140 sanctuaires, dont Saint Urfold.

J’avais également en tête le jubilé de Notre Dame de Pontmain  annoncé pour le 17 janvier 2021, ainsi que le M de Marie programmé au départ de La Salette et de Lourdes pour rejoindre Pellevoisin en 2020.

Malheureusement, la menace souveraine du coronavirus, survenue au début de l’année 2020, ne nous a pas permis d’organiser à Bourg-Blanc les festivités prévues pour le 150ème anniversaire de l’école Notre Dame.

Pour surmonter cette déconvenue, j’ai eu l’opportunité de participer, au nom des Amis de Saint Urfold, au mois de mai 2020 à l’opération de parrainage organisée par l’association Marie de Nazareth en Palestine. J’ai eu le bonheur de découvrir cette association au cours d’un pèlerinage en Terre Sainte en 2016 et 2018. Cette opération de parrainage avait pour objectif de faire connaître la lettre quotidienne « Une minute avec Marie », que je reçois depuis 2016.

Le 17 juin 2020, jour de la Saint Hervé, je découvre sur mon ordinateur  pour illustrer ce billet quotidien l’image de la statue de Saint Hervé, présente dans cette chapelle de Saint Urfold, . Cette découverte fut bien sûr pour moi une belle surprise et une émotion, d’autant plus que ce même jour je recevais l’information du succès de notre opération de parrainage en gagnant une statue de Notre Dame de France pour la chapelle de Saint Urfold.

Suite à ce succès , des recherches personnelles, des rencontres providentielles  j’ai découvert que l’origine de Notre Dame de France est une belle histoire. En 1638, après 22 ans de mariage Louis XIII et son épouse Anne d’Autriche n’ont toujours pas d’héritier. Dans le Royaume, c’est l’inquiétude générale et l’on prie assidûment, tout particulièrement à l’abbaye Notre Dame des Victoires. Au mois de février 1638, le roi apprend que son épouse est enceinte. Immédiatement, il décide de prononcer le vœu par lequel il remet solennellement la France à la Vierge Marie.

Le 10 février 1638, par un acte juridique enregistré par le parlement, Louis XIII  consacre officiellement la France à Marie. Il décide d’instituer la fête de l’Assomption du 15 août comme Fête nationale. Le 5 septembre 1638, l’héritier tant attendu vient au monde sous le nom de Louis Dieudonné. Cet enfant se fera connaître au décès de son père le 14 mai 1643, sous le nom de Louis XIV.

Auparavant en Bretagne, début août 1623, au soir d’une journée de travail, et alors qu’il pensait spécialement à sainte Anne « sa bonne patronne », une lumière très vive éclaire la chambre d’Yvon Nicolazic, jeune paysan breton. C’est le début de la fabuleuse histoire de Sainte Anne d’Auray, le seul lieu connu  au monde où sainte Anne, Mère de la Vierge Marie, est  apparue dans l’histoire de l’Église.

Quelques années plus tard, à  Querrien  le jeudi 15 août 1652, une belle Dame est apparue à Jeanne Courtel, jeune bergère de onze ans et demi, sourde et muette, Celle-ci après avoir participé avec ses parents aux vêpres  à l’église paroissiale de la Prénessaye, gardait ses moutons au pré des Fontenelles. La Dame lui demandant un agneau, la fit parler et entendre le son d’une voix, la guérissant instantanément  de sa double infirmité. Dans les jours qui suivirent, elle lui manifesta le désir qu’une chapelle soit construite au centre de Querrien pour qu’on y vienne  prier en foule. Cette chapelle existe toujours sous le vocable de Notre Dame de Toute Aide.

Le calendrier de ces multiples faits historiques est si volumineux qu’il n’est pas possible en ce jour de les évoquer. Je me limite volontairement à 1937, 1938 et 1988.

1937 : à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, le Pavillon pontifical présente une statue monumentale de Notre Dame de France, inspirée d’une statue dominant les murs de Jérusalem. En 1938, le Cardinal Verdier, archevêque de Paris, formule le vœu «que cette statue lumineuse, de « Notre-Dame de France », qui a si magnifiquement couronné le Pavillon Pontifical devenu Pavillon Marial, ne disparaisse pas, mais qu’elle soit érigée sur une colline proche de Paris… pour faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre ! ».

Hélas, suite à la guerre 39-45 et le décès du Cardinal, ce projet est abandonné. 50 ans plus tard, au terme d’une aventure étonnante et providentielle, la statue Notre Dame de France est retrouvée dans les sous-sols de la mairie communiste d’Amiens. Edmond Fricoteaux, notaire à Saint Denis, parviendra à l’installer à Baillet, à 18 km au nord de Paris, pour une bénédiction qui se fera le 15 octobre 1988, soit 350 ans après le vœu solennel du roi Louis XIII.

C’est un réel bonheur d’accueillir aujourd’hui sur le site de Saint-Urfold la Troménie de Marie. Pour mémoire, la chapelle de Saint Urfold, datant de la fin du XVe – début du XVIe siècle est construite au-dessus du tombeau de Saint-Urfold.

Saint Urfold, frère de Riwanon et Rivoaré, et oncle de Saint Hervé, était un ermite qui serait né au VIème siècle dans le Pays d’Ac’h, bro Ac’h e brezhoneg, un vaste territoire de St Renan, Lanrivoaré à Plouguerneau. Un jour, Saint Hervé, barde aveugle de naissance, a la vision de la mort de son oncle. Urfold A son arrivée dans l’ermitage, dont le nom de la ferme voisine de la chapelle Lannig Goz rappelle l’existence du petit prieuré, il cherche en vain la sépulture de son oncle dans la forêt Dounna. Saint Hervé se met alors à prier, la terre tremble et s’ouvre pour laisser s’échapper une douce odeur parfumée. Ainsi, nous dit la légende est dévoilée la sépulture de Saint Urfold, sur laquelle est construite cette chapelle.

En  2019, le jour anniversaire de la fin de la guerre mondiale de 1939 – 1945, la statue monumentale de Saint-Urfold est venue rejoindre l’assemblée des Saints de petite et grande Bretagne sur la colline de Carnoët dans le département des Côtes d’Armor à 17kms de Carhaix.

Humble et majestueux, taillé dans le granit gris-bleu des carrières de Louvigné-du-Désert, par l’artiste Seenu Shanmugam, Saint-Urfold pose son regard bienveillant sur un immense plateau des Côtes d’Armor. Je vous informe que depuis cet été, cette statue monumentale illustre magnifiquement  la couverture de l’édition 2022 du livre souvenir de la Vallée des Saints.

Mesdames, messieurs, chers amis, marcheurs, cavaliers, musiciens, porteurs de bannières, votre passage et votre présence aujourd’hui à Saint-Urfold vient enrichir l’histoire de ce sanctuaire. Cet évènement est une invitation à redécouvrir notre Histoire de France et notre rencontre particulière avec cette jeune fille de Nazareth prénommée Marie.

Au nom des Amis de St Urfold, à tous les acteurs Merci pour vos multiples  efforts, bonne route et bon courage

Jean Boucher

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